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lundi 3 juin 2013

Les Jeux Olympiques, un Etat dans l'Etat.

La définition du sport a bien changé en quelques décennies, il fut bien loin l'époque où il été considéré comme un art à part entière, l'époque où n'importe qui pouvait faire le sport qu'il voulait sans rien devoir à personne. Aujourd'hui, chaque sportif n'est qu'un homme-sandwich parmi tant d'autres, portant inlassablement les marques des sponsors qui les paient pour du résultat. Encore, ce serait à moindre mal si les sportifs étaient les seuls concernés par lesdits sponsors, l'organisation des événements eux-mêmes sont depuis longtemps dans le collimateur des gros bonnets privés, que ce soit les banques, les industries agro-alimentaires, l'automobile, tous s'arrachent le pouvoir d'avoir son mot à dire quant à la mise en place d'un quelconque événement sportif. Le plus grand d'entre eux: les Jeux Olympiques, véritable dictature fermée à l'image de la Corée du Nord qui s'immisce dans les Etats "participants".





Véritable laveur de cerveaux à échelle mondiale, les "Jeux Olympiques", été comme hiver, sont sensés apporter une sorte de lien d'harmonie entre tous les pays du monde, y compris les pays en conflit majeur (la Syrie, où anciennement la Libye), ce qui apporte en mon sens une certaine indécence vis-à-vis des nations où le peuple est affaibli (Corée du Nord incluse, les habitants étant tenus en laisse par la famine). Mais au lieu d'apporter ce lien, l'événement n'apporte que de la débauche la plus totale, où les téléspectateurs s'affalent pendant un mois devant la télé, n'ayant que pour sujet de conversation le record établi par un certain athlète aux 100 mètres où la distance parcourue par un poids lancé par l'allemand représenté. On voit un bonne partie de l'humanité se droguer aux stéroïdes ou autres anabolisant, mettre son corps en danger en tentant d'aller le plus loin possible dans le sport où il excelle, espérant rafler ainsi une médaille d'or qu'il pourra placarder sur le mur de la cheminée, faisant oublier au passage les médaillés d'argent ou de bronze car en compétition, seul le premier compte.

Traitons maintenant de l'organisation même de ces jeux, le CIO (Comité International Olympique) a pour charge de désigner par "vote" (entendez par là le représentant déposant le plus gros chèque lors du scrutin final) le malheureux pays organisateur qui aura pour consigne d'héberger le futur village olympique pendant un mois, 4 ans après les précédents J.O.  Après avoir lu un article fort intéressant sur la dictature du langage et de la propriété intellectuelle dans les J.O., il est presque évident que le pays hôte désigné par "vote" est celui qui délivre le moins de liberté à son peuple, mais également celui qu'il faut endetter au plus vite! Ce qui explique un peu pourquoi la France n'a pas été choisi en 2012, à l'époque du vote, en 2005, Chirac présidait la Nation française et le peuple n'était pas étouffé par le début de politique sécuritaire mis en place deux ans plus tard par Nicolas Sarközy de Nagy-Bocza. Quant au rapport avec la fameuse dette publique, il faut regarder ce graphique:





Comme nous pouvons le constater, la courbe marron (représentant la dette publique définie par Maastricht) a connu un pic soudain en 2007, date de début des travaux pour les infrastructures devant accueillir les fameux Jeux Olympiques de Londres! Et qu'on ne me fasse pas croire que le début de crise (perpétrée en 2008) est à elle seule la cause de ce pic soudain, faisant passer la dette de 45% à 90% en seulement 4 ans, c'est faramineux! Maintenant, il faut voir si les stades et autres infrastructures sont encore exploités, ou s'ils ont connu le même sort qu'en Grèce, suite aux J.O. d'Athènes en 2004, les stades et immeubles ne sont plus utilisés alors que leur construction a eu de lourds retours sur la dette grecque, on connaît malheureusement la suite. Le Royaume-Uni n'était pas assez endetté pour nos chers amis banksters et mis à part une guerre, rien ne coûte aussi cher que l'organisation de ce bal du diable (LienComme quoi, il ne fait pas bon d'être un pays hôte pour les finances publiques.

Quant à ce qui se passe dans l'enceinte du village olympique, c'est tellement affligeant qu'on se croirait presque en plein tournage d'un remake de "1984" de George Orwell, puisque c'est une vraie dictature, et à tous les niveaux! Et comme il y a beaucoup à dire, je vais vous dresser une liste non-exhaustive des points à retenir sur le village olympique, instauré par le CIO, vrai chef de l'Etat olympien, financé par les sponsors, vrai gouvernement olympien:


  1. Le CIO a autorité sur tout ce qui se passe sur le "sol" olympien, ce qui veut dire que le gouvernement hôte n'a aucun pouvoir (loué au CIO pendant le mois des festivités), un véritable Etat instauré dans l'Etat.
  2. Les sponsors ont également autorité sur les produits et les services dans l'enceinte. Petit exemple: en 2012, McDonald's était sponsor des JO de Londres, et en tant que tel, AUCUNE autre marque de frites ne pouvait être consommée sur place, exceptées celles qui composent le traditionnel Fish'n'Chips, soit des frites artisanales. Adieu  donc McCain ou les frites provenant de Quick ou des kébabs du coin. Et cela vaut aussi pour les boissons (Coca-Cola/Nestlé), service de paiement (Visa), ou les vêtements (équipementiers partenaires).
  3. Il y a même une barrière des mots dans le village. Exemple, il était interdit de prononcer certains mots en rapport avec l'événement et dans un certain ordre sans avoir payé les droits de les prononcer. Par exemple, avez-vous entendu TOUS les journalistes sur place dire "Jeux Olympiques" à la suite? Non! Ils disaient tous "Jeux d'été" car hormis France Télévisions, ces malheureux ne s'étaient pas acquittés des royalties, ces mots en rapport avec les J.O. sont soumis à la propriété intellectuelle, il suffit de se remémorer du fameux "Olympic Café", forcé de se rebaptiser "Lympic Café" suite aux menaces d'amendes des forces de l'ordre olympiques car ce bar avait un nom non-conforme à la loi olympique temporairement mise en vigueur. Une vraie dictature de langage qui punit sévèrement ceux qui prononcent "médaille d'or olympique" sans autorisation, et croyez-moi que l'amende est très salée. 
Dans le lien que je vous avais fourni sur les coûts, nous pouvons noter une somme colossale rien que pour la sécurité du site pour un mois, additionnez ça aux trois points que je vous rajoute, vous obtenez un Etat totalitaire par excellence. Et nous sommes bombardés en permanence de publicités ridicules, d'articles d'informations sur ça alors que ça ne nous apportera rien dans la vie, à part plus de décadence. Je ne traiterai évidemment pas des multiples prostituées présentes pour divertir les athlètes ayant le malheur d'être représentés par leur pays, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. Ne parlons pas non plus des affaires évidentes de dopage qui touchent toutes les disciplines du monde, et encore moins des affaires de corruption, de débordement des services de sécurité et d'employés sous-payés et traités comme des esclaves (surtout les jeunes étudiants en manque d'argent).

En 2014, les nouveaux jeux olympiques d'hiver se dérouleront en Russie, à Sotchi plus précisément. Les règles seront exactement les mêmes que pour les J.O. d'été et je me demande comment le couple exécutif Poutine/Poutine va gérer les coûts de construction. La Russie compte pourtant de très beaux stades partout dans son pays. Et quant aux prochains Jeux à Rio, au Brésil, je ne me montre pas plus optimiste, car les finances de ce pays sont mises à rude épreuve avec le Mondial de Football 2014. La FIFA, le CIO et les sponsors, en seulement deux ans, vont s'en mettre plein les poches pendant que le peuple brésilien subira sans broncher l'effet de l'alourdissement de la dette. J'en viens à être heureux pour la France de ne pas avoir été choisi en 2012, vu que notre nation devra déjà essuyer de gros coûts pour le Championnat d'Europe des Nations de 2016.






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