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vendredi 22 février 2013

"TV Lobotomie" de Michel Desmurget

"Maman, la télé dit que les barbus sont tous méchants", "Oui, mais ce que tu dis, ils l'ont dit à la télé? Sinon, c'est pas vrai..." ou même "Mets TF1, c'est Secret Story!!". Nul doute que vous ayez vécu l'une de ces situations au minimum, en effet, la télé a pris depuis des décennies une place centrale dans le cercle familial, devenant un membre à part entière de la maisonnée. Dessins animés pour les petits, journaux télévisés pour les adultes, jeux et divertissements en tous genres, jusqu'au télé-crochet le plus dégueulasse jamais imaginé par les esprits tordus des studios de production (comme Endémol), il y en a pour tous les goûts, à tel point que des chaînes spéciales pour nourrissons, comme BabyTV, existent pour toucher le maximum de téléspectateurs potentiels. Et le livre que je vais vous présenter traite en détail de la question "Qui es-tu, TV, et qu'as-tu fait de l'humanité?".



TV Lobotomie de Michel Desmurget, docteur en neurosciences et actuellement directeur de recherche à l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), est un ouvrage présenté à la fois comme une super-compilation d'études poussées sur la télévision et ses effets, mais aussi comme une enquête de l'auteur, dont certains éléments sont des faits personnels relatifs à sa famille et à son entourage. Il exposera dans ce livre quatre grands points concernant la télé et ses effets néfastes sur le cerveau humain:

  1. L'omniprésence de la télé et à chaque instant de notre vie: ou comment la télé s'est peu à peu emparée des foyers familiaux et comment le tube cathodique se fait accepter par tous les membres pour tous les membres. Des chaînes "adaptées" pour nourrissons, les programmes "tous publics" permettent de cibler un bétail toujours plus important, jusqu'à la manière dont la télé s'empare de l'attention des gens rien qu'en entendant le son en arrière-plan. Il est surtout clair que la chose ne s'arrange pas avec la "démocratisation" des postes dans les chambres individuels d'enfants ou adolescents, laissant le pauvre jeune à la merci du sacro-saint tube cathodique ou écran plat. Ce chapitre traitera aussi de la manière dont la télé fausse la perception de la réalité chez les téléspectateurs ou même pire, chez les téléphages, rien que l'exemple des émeutes montrées aux infos est éloquente, on veut nous faire croire que la guerre est partout et inévitable. Enfin, dernier point sur ce chapitre, la légende urbaine comme quoi certaines chaînes, dont le très célèbre Arte, ne compensent nullement les bouses qu'on nous passe ailleurs, car, bien évidemment, il n'y a pas assez de moyens pour nous montrer des choses plus intéressantes, comme le documentaire "Goldman Sachs: la banque qui dirige le monde", je suis sûr qu'il y avait plus à dire.
  2. Le pouvoir astronomique qu'a la télé pour abrutir l'être humain: Je ne dis pas que la télé est la seule coupable de la dégénérescence de l'intelligence humaine et donc, du cerveau lui-même, mais elle en est une des grandes causes. Même si cela touche toutes les grandes langues, la langue française est quand-même à un niveau inquiétant à l'heure actuelle: syntaxes incorrectes, fautes d'orthographe à répétition, défauts de langage, ça sonne aussi faux qu'une partition de musique mal jouée sur violon. Des études montrent que la télé est en grande partie responsable de l'échec scolaire en masse, et ce n'est pas parce que "je ne comprends pas les maths, m'sieur" et blablabla, mais la télé cherche à ce que le jeune consommateur n'ait pas à réfléchir pour établir un raisonnement, je parle pour les consommations exagérées d'images télévisuelles, pas tous les téléspectateurs, le résultat est quasiment sans appel: peu ou pas de qualification à la fin de la scolarité. Ce chapitre traite aussi du cerveau en lui-même, du moins notre faculté à créer, inventer, imaginer, mais aussi notre apprentissage de la lecture et de l'écriture, car la télé, malgré les légendes urbaines, ne permet pas cet apprentissage ô combien essentiel au développement de l'enfant via des chaînes ou des DVD spéciaux, ce ne sont que des foutaises pour que les parents aient bonne conscience, le tout agrémenté de petites notes "approuvé par Dr Machinchouette". En d'autres mots, la TV abrutit les gens dès le plus jeune âge, le plus tôt étant le mieux, pour mieux tenir le bétail en laisse et mettre une entrave à une éducation efficace pour l'avenir du gamin.
  3. La télé joue sur la santé des gens: Encore une fois, la télé est une cause principale de la dégradation de notre santé. Entre les pubs incitant les petits et les grands à acheter des cochonneries sans nom (il est vrai qu'il n'y a aucune pub pour des produits frais comme les légumes, et non, Bonduelle, ça ne compte pas!), entraînant une cascades de caprices des gamins pour avoir les Miel Pops qu'il a vu ainsi que le jouet offert; l'incitation qu'a la télé à faire fumer les adolescents, non pas via la publicité, mais via les séries et films (surtout américains, tiens) où les personnages principaux super cools ont pour la plus grande majorité la clope au bec qui donne un genre, il y a donc une présentation d'un effet positif de la cigarette qui permet au téléphage de s'identifier et de "faire comme tout le monde". Chose que je constate, les fumeurs sont de plus en plus jeunes pour imiter soit leurs grands frères fumeurs qui sont cools, soit pour imiter le gugus de la série M6 qui est cool et qui fume. Même constat édifiant pour l'alcool où l'on voit de plus en plus de séquences des personnages principaux, de films et séries toujours, dans un bar ou dans une discothèque, sirotant une bière ou un whisky, la très célèbre série How I met your mother et son MacClaren peuvent en témoigner. Idem pour le sexe, sujet plus tabou chez les adultes mais largement très prisé chez les jeunes, qui copulent de plus en plus tôt et de manière assez dangereuse, encore une fois, grâce aux séries et films qui contiennent de plus en plus de scènes du genre, des publicités intégrant une femme nue pour un pot de yaourt Activia ou pour un parfum, et aussi les télé-réalités type Secret Story, feu Carré Viiip et autres conneries encore. Et enfin pour le développement même de l'enfant en altérant son sommeil, le retardant donc et freinant de manière irrémédiable sa croissance physique. Entre bien dormir à 21h et être en bonne santé et regarder l'Incroyable famille Kardashian jusqu'à minuit, il faut choisir, c'est comme l'alcool au volant.
  4. Enfin, comment la télé entretient la peur chez nous et fait la promotion de la violence: Ne dites pas le contraire, on ne nous montre que ça. Fusillades par ci, prises d'otage par là, déjà que la réalité qu'on nous donne n'a rien de joyeux, la télé, via ses séries, films, animes et tutti quanti, promeut encore plus la violence chez les téléspectateurs. Rien que l'exemple des Experts illustre mon propos, avec des morts partout et des Etats-Unis sous contrôle des gangs. Idem pour les films d'épouvante ou d'horreur, mon genre préféré car j'en rigole, qui sont très néfastes pour les jeunes enfants car ça les empêche de dormir, mais aussi pour les adolescents car ils ont de plus en plus tendance à reproduire ces actes IRL (In real life: dans la réalité), des faits divers le prouvent, des ados meurtriers qui imitent Scream, Jason Voorhees et consorts, à chaque fois, les promoteurs des médias télévisuels démentent en déclarant toujours la même chose: "Pas de lien de causalité", alors que pourtant, c'est évident, surtout avec certaines études faites sur le sujet. La télé peut même supprimer toute inhibition quant à la limite à franchir concernant la violence: mutilations, immolation, tortures à vif peuvent être de partie, le téléphage se dit avec le temps que la limite est plus éloignée que celle de la loi et de l'éthique. Enfin, un sujet que j'adore: le terrorisme. Ou comment la TV nous bombarde d'images atroces montrant des "terroristes islamistes d'AQMI" tuer tout le monde car les personnes ne voulaient pas se plier à la charia'a, ou comment diaboliser l'islam et nous le présenter comme étant le mal absolu, car les terroristes, c'est connu, sont toujours islamistes. Le norvégien Breivik, qui a tué près d'une centaine de personnes, est à considérer comme terroriste dans ce cas, il a tué de sang-froid des personnes qui n'étaient probablement pas dans son délire de militant d'extrême-droite, et pourtant, je n'ai nul souvenir qu'on l'ait traité de terroriste...

Ce livre est franchement très intéressant, rempli d'études diverses et détaillées montrant de manière irréfutable que la télé cause chez nous de très grands dommages physiques et mentaux, qu'elle nous incite à faire des choses que l'on ne devrait pas, au grand plaisir des élites gouvernantes. La chose importante à retenir est que moins on consomme de télévision, plus on "gagne" de la vie, déjà car on ne gaspille pas de notre précieux temps devant la télé (il parle de 11 ans de notre vie en moyenne passée devant l'écran...un gâchis monumental), et puis on se développe correctement. Bien sûr, tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier, mais nul doute que l'écran contribue à notre abrutissement et à la dégradation de notre santé. 
Il s'agit donc d'une manipulation, une manière de rendre la masse docile, obéissante et répondant présent quand une pub Coca-Cola passe. L'ancien directeur de TF1, Patrick Le Lay, le disait lui-même: 

"
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...). 


Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise."

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